Vivre à l’extérieur

Problématique incontournable de l’architecture, le rapport intérieur-extérieur est un aspect central dans la conception de l’espace. Aussi, chaque culture a apporté des réponses spatiales singulières liées au climat et à l’environnement.
Au Vietnam, en particulier à Hoi An dans le centre du pays, les températures comprises entre environ 15°C et 40°C, ont induit dans l’architecture traditionnelle une typologie d’espace qui laisse la part belle aux parties extérieures abritées. Celles-ci prennent différentes formes, c’est ce que nous allons voir dans ce post.
Dans le centre ville de Hoi An, dense, les maisons traditionnelles traversantes bi-orientées (pour plus de détails, voir le post « Une promenade en ville« ) intègrent quasi-systématiquement une cour-atrium au centre, particulièrement agréable quand il fait beau (et ça arrive souvent!). Dans les environnements moins denses, à la périphérie du centre historique, certains bâtiments « prolongent » leur espace intérieur par un espace extérieur largement ouvert mais couvert, au moins partiellement. Le rayonnement direct du soleil étant contenu par des couvertures ou brise-soleil, et les vents faisant office de ventilation naturelle s’engouffrant largement font qu’il est très agréable d’y passer su temps la journée.
Hélas, les édifices bétonnés récents, qui s’inscrivent le plus souvent dans une logique de « blaukauss » qui consiste à « extruder » la parcelle afin de maximiser la surface constructible, n’intègrent plus ce type d’espace. La logique du bloc de 4 murs-1 toit s’impose, avec un maximum de surfaces exposées au rayonnement direct du soleil (sans murs à double peau dans 99,9% des cas) et sans couverture débordante ou brise-soleil. Ce n’est donc pas étonnant que viennent se greffer sur ces constructions récentes les disgracieux et énergivores moteurs de climatiseurs.

A l’inverse, en plus de jouer un rôle thermique très positif, les espaces habitables prolongés à l’extérieur sont des lieux de vie à part entière sous ces latitudes aux températures souvent chaudes, jamais froides. Aussi notre voyage nous a permis d’expérimenter différentes typologies spatiales dans un environnement différent du nôtre, et ce avec des météos variées : de plutôt doux (18°C) et pluvieux à chaud (32°C) et ensoleillé. Et le bilan n’est pas surprenant : on étouffe dans les construction récentes fermées et mal ventilées, tandis que c’est un bonheur de passer du temps dans ces espaces de transition protégés mais en lien direct avec l’extérieur.
Après ce constat physique, les données que nous avons recueillies après que nous ayons commandé des relevés précis du site où s’implante le projet (relevé climatique, nature des sols avec carottages sur 12 mètres…) nous permettront d’apporter, nous l’espérons, les réponses spatiales les justes vis-à-vis du programme et du lieu.

 

La très agréable cour du bureau de Reaching Out fait office de réfectoire pour les artisans à la pause déjeuner.

 

Le « rez-de-chausée » ouvert d’une des réalisations de Quoc (voir le post précédent).

 

La superbe coursive en bois surplombant l’atrium central de l’atelier de RO.

 

Le restaurant Son, réalisé en Bambou, dont les espaces de restauration sont ouverts sur la rivière.

 

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