une promenade en ville

En plus des données techniques que nous sommes en train de collecter, il nous a semblé important d’aborder le lieu du projet également sous un angle culturel. On se penchera donc dans ce post sur la ville de Hoi An. Rappelons que la parcelle dédiée au centre de formation est située dans la banlieue proche, à environ 4 kilomètres du centre historique.

Cette petite ville portuaire située sur la côte Est du Vietnam, à 30 Km an sud de Da Nang, était au XIe siècle (alors qu’elle s’appelait Fai Fo) une escale très importante qui accueillait des bateaux du monde entier : Portugal, France, Angleterre, Japon, Chine, Inde, Hollande… Point névralgique du commerce maritime du centre du pays, la ville était logiquement un véritable bouillon de cultures très variées. A cela s’ajoutent deux éléments importants d’un point de vue architectural : la région subi régulièrement des tempêtes et moussons et les crues du fleuve Thu Bon (en moyenne trois l’an) inonde Hoi An qui se retrouve en partie sous les eaux (2 mètres d’eau pour le point le plus bas de la ville!). C’est pourquoi, les négociants et leurs bateaux étant contraints de rester à quai, ils se firent construire demeures et entrepôts, en amenant une part de leur culture architecturale. C’est pour cela que l’architecture de la ville ancienne est un somptueux mélange d’influences vietnamiennes, chinoises, japonaises européennes (particulièrement françaises). On notera également un élément typologique intéressant car transversal aux styles : les boutiques étant initialement approvisionnées par voies fluviale, une retrouve deux espaces distincts, à savoir le côté entrepôt, relativement austère en façade, et la partie boutique, avec une devanture travaillée et largement ouverte sur la rue, avec des belles menuiseries sculptées.

 

La rue Bach Dang, au bord de l’estuaire du fleuve Thu Bon.

 

Plus haut que Benji : les crues de Hoi An!

 Outre la variété formelle très riche et les savoureux mélanges stylistiques, la ville historique dispose d’une unité de matériaux : pierre/brique et bois. Quelque soit les influences, on retrouve une constante constructive pour la plupart des bâtiments : une charpente de bois lancée entre deux murs maçonnés, et étayée par des poteaux en bois, élégamment surélevés par des semelles en pierres sculptées. On peut également remarquer que la structure des fermes diffère radicalement des nôtres sur un point. En effet, bien qu’elles semblent, au premier regard, relativement similaires lorsque l’on met de côté les sublimes éléments sculptés – qui représentent un sympathique bestiaire asiatique – on s’aperçoit en levant le nez plus de quelques secondes qu’elles de sont pas triangulées! Hérésie architecturale? A coup sûr non au vu de leur longévité et leur résistance aux nombreuses inondations.
Et réalisées pour la plupart dans du bois de fer (une superbe essence sombre, très dense, très dur, très lourde, résistante à l’eau et aux termites) ces charpentes sont d’une élégance folle. C’est une leçon d’architecture. Les petites ruelles, rythmées par les murs composés de divers ocres et des menuiseries en bois sombre, animées par des d’élégantes plantes tombantes et grimpantes, sont un vrai bonheur à parcourir.
Un point noir vient tout de même noircir ce chouette tableau : classification par l’UNESCO oblige, le centre se dysnéifie au fur et à mesure que les touristes affluent, et cela pousse les habitants à vendre leur maison pour acheter plus loin, dans la banlieue. Cette dernière, dont les constructions sont toutes en béton et brique, dénotent vis-à-vis de la ville historique, et témoignent d’une culture architecturale toute différente. Un prochain post abordera le sujet avec l’iconographie maçonnée associée.

Les fameuses fermes, non triangulées. Une constante dans Hoi An.

 

Le superbe « pont japonais », qui témoigne de la présence de migrants japonais qui se sont établis dans la ville au XVIe siècle.

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