conférence de tyin tegnestue

Comme nous l’avons mentionné dans le post précédent, nous avons eu la chance de rencontrer les jeunes et géniaux architectes norvégiens de « Tyin tegnestue » lors d’une conférence qu’ils ont tenu à l’école d’architecture de Belleville. Il n’a pas fallu très longtemps pour que l’amphithéâtre soit rempli d’étudiants éblouis par la qualité des projets de jeunes architectes fraîchement diplômés. Il faut dire que la projection était plus qu’évidente, les norvégiens ayant plus ou moins l’âge des étudiants présents.

Comme nous, leur diplôme était un projet concret (un centre pour orphelins, que nous avons posté ici) loin d’Europe (en Thaïlande), réalisé en groupe (à deux, Yashar Hanstad et Andreas G. Gjertsen), et vis-à-vis duquel les enseignants de leur école ont été très réticents. Ils ont en effet du batailler dur avec leur administration et leur professeurs pour faire accepter ce projet, et ce n’est qu’après sa réalisation -et accessoirement quelques prix et publications- que l’école le valida. A vrai dire, les deux norvégiens n’était pas à leur premier coup d’essai. Habitués à travailler en groupe, ils avaient remporté un petit concours pour la réhabilitation d’un hall très classieux pour un bâtiment commercial. Mais comme l’a précisé Yashar lors de la conférence, cela produit de très belles images pour le papier glacé des magazines, mais ils n’y trouvaient pas de sens. Après cette expérience, certes formatrice mais quelque peu « vide », ils s’engagèrent dans le projet un peu fou de la construction d’un orphelinat en Thaïlande à la suite d’une rencontre impromptue avec un jeune d’un ONG dans une gare… Et malgré les réticences de leurs enseignants, ils partirent sur place en récoltant des dons d’agences d’architecture norvégiennes.

C’est ainsi qu’ils se retrouvèrent dans la configuration suivante : construire pour un coût modique et très rapidement de quoi héberger les enfants. Ils firent donc le choix de construire, avec la population locale (et quelques soldats en permission) et avec des matériaux locaux. Le choix était simple : le site se trouvant à proximité d’une forêt, ils ont donc opté pour une structure bois avec parois, couvertures et éléments intérieurs, en bambou, abondamment disponible sur place. Et c’est en expérimentant sur place, au jour le jour, avec leur connaissances et celles des locaux (cela a été un échange constant) que le projet a pris forme. Et quelle forme ! Ce superbe projet en a très vite amené d’autres dans la même région, et Tyin a pu affiner ses outils et techniques petit à petit, l’expérience se faisant sur le chantier. Et cerise sur le gâteau, nous avons pu voir en avant-première leur dernier projet fraîchement sorti de terre, à Sumatra, pour une coopérative de production de cannelle. Il s’agit cette fois d’un projet plus conséquent, et qu’ils ont réalisé en tant qu’architectes cette fois. Là encore, bien que l’échelle soit plus importante, la démarche est similaire : travailler avec les capacités locales, à savoir hommes, culture, ressources… Vous pouvez voir ce magnifique projet prendre forme sur un de leur blog dédié ici.

Après deux heures d’une conférence riche en belles images et sympathiques anecdotes de chantier, les questions ont fusé pendant une bonne heure, tant l’auditoire semblait émerveillé par le travail et la démarche de Tyin. Et c’est le plus humblement et précisément que Yashar a pris le temps de répondre, malgré l’heure tardive. Et l’aventure de ces jeunes architectes ne s’arrête pas là, car ils sont désormais sur autre projet qui s’annonce tout aussi passionnant. Allez donc voir leur site pour découvrir leurs projets et suivre leur actualité !

Aussi, voir de jeunes architectes qui, malgré des difficulté toutes similaires, sont arrivés à aboutir à un aussi beau projet, nous a grandement remotivé, alors que notre moral était en chute libre devant les efforts que nous avions à fournir pour faire accepter un projet que nous considérons comme une chance exceptionnelle. C’est donc regonflés à bloc que nous avons quitté cette conférence, avec l’envie farouche de mener à bien ce projet qui est l’occasion de mener une expérience riche et d’approfondir notre formation en étant confrontés à un projet réel avec toutes les responsabilités que cela implique vis-à-vis du commanditaire et de ceux qui vivront l’espace au quotidien.

 

Les sanitaires de l’orphelinat en Thaïlande.

 

A chacun sa baignoire!

 

 

Ici et plus haut : un espace collectif réaménagé dans un bidonville, à Bangkok.

 

Yashar, l’un des deux « Tyin ».

 

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