la grande arche

 

Les fameux 160 modules triangulaires de bambou terminés, nous avons pu passer à la construction d’une arche à l’échelle 1/10e. Cela nous a permis de mieux comprendre, toujours de façon empirique, comment les différents éléments de la structure « travaillent » en fonction des différents efforts, et ce dans plusieurs directions. Cela nous a donc poussé à améliorer petit à petit la structure lors de sa construction, en enlevant de la matière par ci, en en rajoutant par là, en optimisant les triangulations…

L’arche achevée, nous pouvons dès maintenant « voir » les forces à l’œuvre avec les contraintes exercées, identifier plus finement ce qui travaille en compression, en traction… pour encore améliorer l’ensemble. Le résultat est néanmoins très satisfaisant, le rapport poids-résistance étant déjà impressionnant. Cela est plutôt rassurant pour l’échelle 1, d’autant plus que les sections utilisées sont légèrement sous-dimensionnées puisque nous avons travaillé avec des bambous de 7mm de diamètre en moyenne, alors qu’il est prévu d’utiliser des tiges de 10 cm « en vrai », soit 10mm à l’échelle 1/10e. La structure ne peut donc qu’être plus résistante. Il nous reste encore à articuler la partie en bambou avec la dalle en béton, par l’intermédiaire de piétements qui reprennent le principe de modules triangulaires, en béton.

 

160 modules

Un des grands avantages de travailler en groupe, en l’occurrence à trois, est qu’il est possible de tout pousser plus loin. En plus de réfléchir à trois cerveaux et de profiter des regards croisés, nous disposons également de six mains et trois fois plus de motivation. Face à ce constat, nous nous sommes donc lancés dans une maquette d’une arche de notre structure à l’échelle 1/10e. Nous l’avions fait pour une ferme, il nous restait à retravailler cet élément au vu des premiers constats (pas mal de bon points mais également plusieurs faiblesses) et de le multiplier dans l’espace afin de créer une arche complète. Chaque ferme étant composée de 160 modules triangulaires, cela a nécessité une quantité impressionnante de bambou et de longues heures de travail en atelier…

Ces modules étant maintenant réalisés, nous allons pouvoir commencer la construction d’une arche, qui nous permettra d’évaluer de façon empirique les points forts et points faibles de notre structure, en parallèle d’une analyse plus fine établie à partir d’un logiciel d’ingénierie sur lequel nous travaillons avec « notre » ingénieur, Nicolas.

 

un ingénieur en renfort

Comme nous l’avons écrit un peu plus tôt, une part importante de notre travail a porté récemment sur la structure de notre bâtiment. Nos deux arches, faites de bambou, ont toutes deux une portée conséquente (un peu plus de 30 mètres) pour une hauteur d’environ 11 mètres. Après avoir réalisé une maquette au 10e qui donne déjà une bonne idée des forces et faiblesses de notre structure, Nicolas Nemitz, enseignant du pôle morphostructure et ingénieur de son état, nous a dispensé un petit cours de Salomé, un logiciel de calcul de structure, afin d’avoir une idée plus fine de ce que l’on dessine et qui va abriter des gens. Ce n’est clairement pas un logiciel très « sexy » et s’y mettre demande pas mal de concentration, mais le défi nous motive grandement et nous posterons le plus vite possible les résultats. En espérant que ce que nous avons conçu « tienne ».

 

 

pas à pas

Un post un peu fourre tout, dans lequel tout avance petit à petit tandis que nos idées deviennent de plus en plus claires, aussi bien en termes d’aménagement, que de forme et de structure. Au menu donc, une maquette au 100e (qui va encore évoluer), un programme dans l’espace de plus en plus précis, et un gif animé de derrière les fagots qui résume notre parti-pris.

 

 

la structure à l’épreuve

Comme nous l’avons précisé précédemment, nous avons au fil de nos recherches retenu le principe d’un module triangulaire de bambou répété dans l’espace afin de réaliser les fermes qui seront l’ossature de nos arches du  « ruban-spirale » déplié dans l’espace. Et afin de mieux appréhender les forces pouvant s’exercer sur la structure et voire comment cette dernière y réagit, nous avons réalisé une ferme composée de ces modules à l’échelle 1/10e. Le choix des modules, là encore, répond à des contraintes liées au lieu et au contexte du projet. Nous disposons en effet d’un élément de base : le chaume de bambou de 7 mètres de long pour environ 10 centimètres de diamètre. C’est la caractéristique de l’espèce locale utilisée pour la construction. Enfin, notre volonté étant de faire au moins cher, il nous fallait trouver un moyen rationnel d’optimiser l’utilisation de notre tige de bambou, tout en simplifiant sa mise en oeuvre afin d’économiser sur la main d’oeuvre. En effet, quel intérêt d’utiliser une matière première très abordable si sa mise en oeuvre, longue et fastidieuse, plombe le budget?

C’est l’occasion également de remercier Nicolas et Jean-Pierre de l’atelier de morpho-structure, qui nous ont déjà donné plusieurs sympathiques coup de main pour la conception de cette structure. Voici donc le résultat de ce travail, qui, loin d’être fini, nous montre déjà les points forts et les points faibles de notre assemblage. Nous allons donc affiner ce principe en renforçant les éléments faibles (certaines parties, trop fines et non triangulées flambent en compression, tandis que d’autres travaillent beaucoup trop au niveau de leurs assembalges/articulations qui sont donc à renforcer).

 

De l’intention formelle à la structure

Après avoir retenu l’idée du “ruban” se déployant sur la parcelle, il nous restait à résoudre un problème de taille : comment ça tient?

Mais avant de parler de structure, il est important de préciser que cette forme, loin d’être gratuite, cherche à lier expression et contraintes bioclimatiques. Les deux arches sont orientées en fonction des vents dominants (venant principalement de la mer, à l’est), avec la volonté de l’utiliser pour ventiler naturellement nos espaces. La course du soleil a également joué, ce qui nous a fait dessiner des arches orientées de telle sorte que, avec des débords de toiture généreux, le rayons ne viennent pas directement taper sur les espaces de vie. Quant à ces derniers, nous sommes partis sur des “boites” indépendantes, plus ou moins ouvertes en fonction du programme à y loger. L’idée principale est de proposer un espace couvert largement ouvert sur l’extérieur tout en étant protégé de la pluie et du soleil, avec des espaces davantage clos (nos “boites”) afin de s’adapter aux fonctions qui le nécessitent (logements, magasin, certains ateliers…). Ce choix découle de notre analyse des espaces à vivre au Vietnam, auxquels nous avons consacré précédemment une analyse. C’est en effet une typologie courante et parfaitement logique au vu du climat local.

Reste donc la question initiale, à savoir comment faire tenir cette “super-structure” qui vient abriter notre programme. Voici donc un nouveau jet de maquettes qui tentent de résoudre les délicats problèmes de statique. Après plusieurs jets, on retiendra une piste qui nous semble intéressante à exploiter, celle d’un module triangulaire répété dans l’espace et lui-même moisé.

 

 

recherches structure /2

Les recherches structure continuent bon train, tandis qu’on se familiarise avec notre « module », la tige (chaume) de bambou, avec ses contraintes et possibles. Binh nous a d’ailleurs apporté des informations cruciales sur les variétés présentes au Vietnam suite à nos questions, qui concernaient le diamètre, l’épaisseur et la longueur de celles-ci. Pour les plus grandes, c’est 10 centimètres à la base, 7 au sommet, pour 7 mètres de longueur. Cela explique pourquoi Vo Trong Nghia, à qui nous avons fait référence précédemment, n’utilise que de « petites » sections avec un système de moises successives pour renforcer et prolonger les porteurs, à l’inverse de Simon Vélez, qui dispose en Colombie de sections bien plus importante (un bon 25 centimètres de diamètre pour certains chaumes!).

Cela nous permet donc de travailler à l’échelle, avec une vision plus précise d’une structure qui sera donc composée de chaumes d’une longueur maximum de 7 mètres. D’où nos recherches autour de moises successives. C’est également une façon de constater que ce matériau, intrinsèquement proche du bois (c’est en réalité une graminée), doit d’avantage être pensé en terme de structure comme le métal, avec l’assemblage de profilés de différentes sections.

 

 

Ateliers textile / vêtement

Dans la continuité des visites d’ateliers Parisiens, nous sommes allés dans les secteurs design vêtement et design textile de notre école. En lien avec l’atelier textile de Reaching Out, nous profitons des informations accumulées lors de notre voyage pour les comparer au mode de travail des étudiants de l’ENSAD.

Même si Reaching Out s’inscrit dans une démarche commerciale destinée à une clientèle internationale, nous avons pu remarquer quelques ressemblances liées à l’aménagement spatial de l’atelier vêtement de l’ENSAD : postes individuels, plan de travail commun, multiples rangements…
Contrairement à certaines entreprises, les employés de Reaching Out ne travaillent pas à la chaîne, mais confectionnent artisanalement leurs produits de A à Z. Le fait de ne pas attribuer de tâche particulière à chaque personne sur la réalisation des produits change considérablement l’agencement de l’atelier, puisque chaque employé porte différentes casquettes à la fois et doit sans cesse se déplacer d’un point à un autre de l’atelier pour réaliser son produit. Cette configuration tend à se rapprocher des ateliers scolaires puisque les étudiants sont amenés à produire leur maquette de A à Z en voyageant à travers les différents pôles de l’atelier. Bien que l’aménagement fonctionnel semble très peu différent de notre école, l’atelier de Reaching Out rencontre de nombreux problèmes par le manque de place. Certaines astuces ont été trouvées dans les ateliers de l’ENSAD pour faire face à ce problème comme des tables/rangements, des suspensions pour les fers à repasser ou encore un support mural pour les rouleaux de tissu. A travers cette visite d’atelier nous avons pu comprendre l’importance de certaines machines, comme l’ourdissoir, qui occupe une place majeure dans l’élaboration des produits. Maintenant que nous avons toutes ces données, notre but est d’essayer de faire cohabiter nos méthodes de travail à celles des employés de Reaching Out.