Denis et Patrick

Hoi An étant une petite ville, le fait de rencontrer une personne bien implantée et active localement telle que Binh donne accès à tout un réseau de sympathiques personnes. Parmi eux, Denis et Patrick, deux expatriés français qui vivent à Hoi An. Le premier qui tient un chouette bar-restaurant sur la plage de Am Ban, dénommé « la plage », et le second, ingénieur (avec nous travaillerons et qui supervisera toute la partie technique du projet) travaille dans la région grâce à son expertise technique. Ça a été l’occasion d’évoquer nos hypothèses de travail et de glaner de précieuses informations de la part des deux compères qui connaissent très bien la région. Patrick, qui vient d’achever la construction de sa maison, a pu également partager son expérience architecturale locale afin de nous éclaircir tout un tas de points liés aux habitudes constructives locales.
Nous avons pu aborder (et apprendre) des points techniques tels que la nature des sols dans les environs, la manière dont sont réalisées les fondations, les différentes façons de gérer les inondations et le climat… tout cela autour d’un repas ponctué d’un « vrai » café (les vietnamiens ont une cuisine divine, mais leur café n’est pas le meilleur du monde!).
Cette rencontre a également été l’occasion de visiter, dans le resort de la famille de Denis, des maisons traditionnelles somptueuses en bois de fer, qui viennent du nord de la région, et remontées ici. Anecdote intéressante, les matériaux ont voyagé avec les seuls artisans capables de remonter les superbes assemblages en bois de ces bâtiments plusieurs fois centenaires (début XIXe pour les plus anciens). Les éléments porteurs comme les charpentes, tout comme les ouvrants élégamment  sculptés, témoignent d’un travail incroyablement technique et sensible où ornements et structure ne font qu’un.

 


 

Tri and family

Toutes les rencontres ne tournent pas autour de l’architecture et du design, comme ce fut le cas avec Tri, la très sympathique propriétaire de la maison où nous logeons, avec qui nous avons pu échanger autour de la cuisine. Après qu’elle nous ait préparé un délicieux Bo Bun, il nous fallait impérativement répondre par un plat occidental! Après des achats au foisonnant marché du quartier, nous avons donc préparé des spaghettis à la bolognaises, avec une touche locale, herbes fraîches de la région oblige. Encore un chouette moment.


Une petite session marché avant les fourneaux.

La quête du bambou #1

 

A la suite nos diverses pérégrinations dans Hoi An et ses environs et compte tenu de notre choix probable d’utiliser le bambou, nous avons commencé une « quête » pour sa mise oeuvre. Choisir ce matériau, comme nous l’avons évoqué dans d’autres posts, est venu assez naturellement : c’est une herbe qui pousse très vite et qui est abondamment disponible au Vietnam, il est toujours utilisé dans le pays, il peut être mis en oeuvre facilement… Bref, tout un tas d’arguments qui ont logiquement orienté ce choix. Seulement, entre l’aspect théorique (chouette, c’est une super matériau!) et son usage concret pour le projet, il y a un gouffre abyssal. En effet, beaucoup de problèmes techniques se posent, dont voici les principaux :
– il nécessite deux traitements distincts, l’un pour extraire l’amidon, met de premier choix pour les termites, et l’autre pour empêcher les champignons et toutes sortes de moisissures se développer en raison du climat très humide. Car sans cela, il ne tient pas plus de 3 à 5 ans selon nos diverses sources locales.
– La région dispose de quelques constructions avec ce matériau, mais il ne s’agit au mieux que de grosses cabanes ou couvertures de petits bar-restaurants qui ne s’inscrivent pas du tout dans notre échelle de bâtiment. De plus, les assemblages à simple moisement et petites ligatures, ne permettent pas des portées conséquentes, et semblent peut adaptées à une région régulièrement balayée par des tempêtes. Surtout s’il s’agit d’abriter des ouvriers quotidiennement dans un espace de travail renfermant outils et machines électriques.
– enfin, les sections utilisées pour les petites échelles (mobilier ou petits abris) sont trop petites pour un bâtiment tel que le nôtre qui, compte tenu du premier programme (il va probablement évoluer), 2800 m2 de SHON au bas mot, avec probablement deux niveaux.

Nous avons donc entrepris cette « quête du bambou » et avons avec Binh orienté nos rencontres, visites et voyages autour de cet axe de recherche. Nous l’espérons épique, cette quête sera pour nous l’occasion d’apprendre énormément de choses, et c’est donc plein d’entrain que nous l’attaquons.

Sir Colin

Se déplacer physiquement in situ est pour un projet d’architecture absolument nécessaire, surtout au regard de notre démarche, afin de s’imprégner du lieu, découvrir une culture architecturale avec ses matériaux, ses méthodes de mise en oeuvre, le climat…
Mais c’est aussi l’occasion de faire de belles rencontres, toujours sympathiques et enrichissantes pour le projet et sur le plan humain. Viendront donc dans la catégorie Rencontres, toute une série de rencontres avec des personnes très diverses, ayant de près ou de loin rapport à notre projet de centre de formation pour Reaching Out.

Une des première fut celle de Colin et Patricia (la sœur de la femme de notre « parrain » Roberto Ostinelli). Le couple nous a conseillé les bons petits coins de Hoi An pour aller boire un verre et manger un bon plat local… et à chaque fois nous ne fûmes pas déçus! Mieux que le guide du routard, aux conseils quelques fois douteux! Puis nous sommes allés sur le chantier de la maison qu’ils sont en train de faire construire. Première approche de l’architecture intéressante, dans le sens où nous découvrons des contraintes directement liées à la région où nous allons concevoir le projet, telles que les inondations fréquentes, la nature et le prix des matériaux couramment utilisés pour des maisons individuelles, quelques infos sur le plan local d’urbanisme, le rythme auquel les ouvriers travaillent (très vite!)… Riche et dépaysante, cette sympathique visite de chantier s’est achevée par un délicieux repas dans l’une des bonnes adresses de Sir Colin, The Mermaid.